 Pop Rock | | 2005 | Album Original | Un CD ND / Warner 2006 |
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SPIRALE | | |
| | | par Chtif le 03/04/2006
| Morceaux qui Tuent Via Chicago Misunderstood
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| Wilco est quelque chose comme l'un des secrets les mieux gardés d'Amérique. Dix ans et sept albums que le groupe déambule en solitaire, célébré par une minorité de fans avertis, dans l'injuste indifférence de tous les autres qui se sont habitués à entendre parler de lui sans jamais se pencher sur son cas. Grossière erreur que l'on s'empresse de corriger lorsque la chance nous fait croiser son chemin.
Il faut aussi dire que le chef d'orchestre, Jeff Tweedy, ne met pas toujours toutes les chances de son côté, et se distingue par son tempérament difficile, ses crises "médicamenteuses" et ses incessants remaniements de personnel. Tweedy n'en reste pas moins un compositeur de talent doublé d'un sacré parolier, capable de réveiller l'âme du Band de Bob Dylan (flagrant sur l'intro de "Hell is chrome").
La musique de Wilco n'étant pas taillée pour les stades, l'épreuve du double live n'a qu'une seule véritable utilité, mais de taille : prouver à tout le monde que ces savants arrangements ne sont pas qu'une belle mécanique huilée en studio, mais bien l'uvre de musiciens absolument hors normes, quasi virtuoses (écoutez le travail d'orfèvre des petits phrasés de guitare sur "Company in my back", discrètement tapis derrière la lumière aveuglante des mélodies). Car c'est bien de cela qu'il s'agit, d'une musicalité immensément riche transfigurant son écrin country-pop-rock. Tout au long de ce généreux album en forme de best of live (23 morceaux) se dégage l'impression très nette d'écouter une uvre de haute volée, passionnante et pleine de surprises.
La guitare slide, l'orgue et la voix vagabonde de Tweedy invitent à un road-movie que l'on préférera effectuer à pied, le long de routes sablonneuses et arides. Sur le chemin, on pourra traverser de paisibles bourgades, braver la menace tentaculaire des cités industrielles (le fantastique "Via Chicago"), risquer de pénibles ampoules quand la technique prend le pas sur l'émotion ("I am trying to break your heart", "Radio Cure" et son horrible clavier 80's), mais surtout rencontrer fugacement le spectre d'autres routards accomplis, tels Richmond Fontaine ou le Quicksilver Messenger Service (cette guitare sur "Spiders (kidsmoke)").
Pour finalement, une fois arrivé au milieu de nulle part, réenclencher la première face et repartir de plus belle avec un "Misunderstood" décrivant à lui seul le voyage sans fin d'un Tweedy piétinant sur un disque rayé. |
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