Odorama

The Strawberry Smell

par Filipe Francisco Carreira le 01/06/2002

Note: 5.0    

Guitares vintage, orgue Hammond et tambourin comptent parmi les atouts de ce groupe hexagonal qui, à l'instar des rouennais de Tahiti 80, s'applique à cultiver une certaine idée de la pop sixties, légère et décomplexée. Les paroles sont foncièrement positives et évoquent régulièrement un monde meilleur à portée de main ou simplement à portée de rêve. L'entreprise souffre d'un évident manque d'ambition mais force la sympathie, à l'image de "Zensong 9" qui ouvre l'album avec des harmonies séduisantes et un refrain entraînant. L'ennui, c'est que, passée cette agréable surprise, "Odorama" semble tourner en rond : les recettes ne changent pas d'un titre à l'autre et la voix suit toujours les mêmes intonations. L'aisance mélodique de Strawberry Smell, son habileté à tourner les refrains sont incontestables… mais tout cela ne serait-il pas un peu vain ? Les morceaux s'enchaînent sans déplaire ni laisser de trace à l'exception - indulgente - de l'efficace "Undersphere" et du rêveur "Footprint on the moon". La pochette représente les membres du groupe dans la cabine d'un vaisseau spatial et si le premier paraît concentré et tient les manettes avec vigueur, sa clope au bec et sa "coolitude" le discréditent, laissant entendre qu'il s'agit en réalité d'un jeu vidéo, impression confirmée par son plus proche et hilare partenaire qui, toutes dents dehors et bras ballants, semble dire qu'il n'y a pas d'urgence. "Odorama" fonctionne en pilotage automatique et, même si une telle formule permet de voler un peu, elle ne peut cependant que laisser des regrets.