Les Angry Cats ne font pas du rock :
ils jouent du rock'n roll. Après deux Ep ("The Angry Cats",
2012 et "Rock'n riot in town", 2014), "Outmonster the
monster" est le premier long format du power trio
francilien, composé d'individualités qui ont déjà bien roulé
leur bosse.
L'ADN du groupe est clairement rockabilly, rythm'n
blues, avec un soupçon de métaux lourds stoner rock
("Information"). Le tout se fond dans une production claire
et puissante. Les amateurs de style vintage ne seront pas
déçus, on pense à bien d'autres chats sauvages, de Gene Vincent
aux Stray Cats et même… à Morrissey (« Years of refusal",
2009). Peut-être même que l'on peut déceler des traces des Who,
des Yardbirds... Cependant, on n'est pas dans un Hard Rock Café.
Au début des années 2000, Fred Alpi a sorti des disques chantés en
français produits par Alexander Hacke (Einsturzende Neubauten) ;
il transpose maintenant dans un style musical plus codifié (et
jouissif) ses préoccupations engagées et libertaires - le mur de sa
page Facebook est une véritable revue de presse alternative et
sociale où il n'est pas du tout question de musique. Ses textes
tirent leur inspiration de problématiques contemporaines, "The
invisible hand" faisant par exemple référence à la fameuse
théorie d'économie classique d'Adam Smith, ou bien la vanité
capitaliste sur "Master of the world".
En plus de
balancer comme il faut, "I just can't get out of politics"
et "Outmonster the monster" posent des questions urgentes,
que l'on peut prendre du côté intime (les démons intérieurs) mais
aussi côté public (l'engagement politique). Le monster, le
monstre brun, est à notre porte...