Live at the Fillmore East

Ten Years After

par Francois Branchon le 21/08/2002

Note: 9.0    

On se souvient souvent de TYA pour sa prestation à Woodstock, la dizaine de minutes du solo de guitare d'Alvin Lee ("I'm going home") qui figeait le film et les spectateurs, qui lui coûta finalement très cher, le condamnant à reproduire le morceau sa vie durant sur toutes les scènes (On comprend mieux aujourd'hui le décision de Neil Young d'avoir interdit de figurer sur les images d'un tel événement). Contemporain des Cream, avec lesquels il partagèrent les mêmes affiches de 1968, TYA n'ont jamais été un foudre de guerre sur les compositions (le grandiose premier album de 1968 repose surtout sur ses trois fabuleuses reprises de "Help me" et "Spoonful" de Willie Dixon et "I can't keep from crying sometimes" d'Al Kooper), mais sur scène il pouvaient se lancer dans des jams aux riffs serrés, produire un blues-rock totalement spatial. Ce double album présente deux concerts au Fillmore de New York les 27 et 28 février 1970. Dès la présentation des quatre musiciens par la voix grave et solennelle de Bill Graham le manager des Fillmore, TYA ouvre son set par le lent "Love like a man" (le single tout juste paru en Angleterre), version lumineuse qui déjà met en valeur les qualités d'improvisation. Elles culmineront avec "The hobbit" au groove de percussions très puissant (malgré le solo de batterie proprement dit qui aujourd'hui passe mal et prive cette réédition de la note maximale), le bien nommé "Extension on one chord" (dernière partie d'un medley d'une vingtaine de minutes), le blues rock urgent et acéré de la reprise hypnotique de "Good morning little schoolgirl" (quel boulot du bassiste Leo Lyons, les Yardbirds sont loin derrière !), et bien sur la démonstration du speed-freak guitariste de "I'm going home", que TYA enchaîne judicieusement avec les standards de Chuck Berry "Sweet little sixteen" et "Roll over Beethoven". Ne pas oublier "50,000 miles beneath my brain" qui démarre comme du Traffic de la bonne époque et s'achève en Cream-erie échevelée, les morceaux phares du premier album cités plus haut (16 minutes de "Help me" tout de même). Le boulot technique de remastérisation et de transfert depuis les 8 pistes originales est excellent et fait de ce live un album de référence. Si vous ne devez avoir qu'un seul TYA, celui-ci sans hésiter.