The boat

Tamara Williamson

par Emmanuel Durocher le 28/07/2006

Note: 7.0    

Le premier titre "The beginning" (un nom pour le moins original) est presque silencieux, les notes sont à peine perceptibles, se dévoilent très lentement et font un peu penser au roulis par mer calme. Avec ce cinquième album, l'Anglo-Canadienne convie l'auditeur à un voyage sur son "bateau" en hommage à des aventures vécues par son père qui a traversé l'atlantique et serait devenu roi d'une île paradisiaque ; "The boat" forme un ensemble éclectique mais cohérent où les morceaux aux noms évocateurs ("The journey", "The land", "The man", "The end"…) peuvent s'écouter comme des chapitres différents du journal de bord, musicalement basés sur des improvisations live datant de 1991 à 1995.

Le périple se fait sans remous ni tempête, la croisière est plutôt triste et mélancolique et l'orchestre permet de mettre une certaine ambiance sur le pont avec des morceaux enchaînés très courts ou très longs mais variés ; "Self boubt" et "The end" présentent un aspect très lo-fi alors que "The dream" ou "The land" ressemblent à du folk downtempo, comme si Kid Loco était venu mettre son grain de sel et ses petites boucles électroniques et acoustiques, quand à la reprise en titre caché de "Sailing" des Sutherland Brothers (chanson célèbre via la version de Rod Stewart), elle aurait mieux fait de couler à pic car très dispensable. Les deux chansons les plus ambitieuses sont assez énigmatiques : "The journey" mélange les synthés de Yuji Ohno (celui qui faisait les musiques de fond un peu jazzy de Capitaine Flam) et les cuivres d'Ennio Morricone (celui qui faisait la musique de fond des western spaghetti mais tout le monde le sait déjà) alors que "The story" fait penser à certaines sonorités fantomatiques entendues sur le "Dummy" de Portishead, d'ailleurs la voix de Tamara Williamson évoque de temps en temps celle de Beth Gibbons mais aussi Chan Marshall ou Claire Pichet (chanteuse sur "Le phare" ou "Rue des cascades" de Yann Tiersen).

Que faut-il retenir de cette flânerie ? La légèreté de certaines compositions peut gêner mais la sensibilité à fleur de peau de la chanteuse touche également sur d'autres. Il est parfois un peu difficile de se faire une idée, l'important est de ne pas se faire mener en bateau…