Nostalgie

Tama

par Francois Branchon le 21/11/1999

Note: 8.0    
Morceaux qui Tuent
Ta'aba


Tama est un parfait exemple de double mélange réussi, de musiciens noirs et blancs d'une part, et d'inspiration musicale d'autre part, entre mandingue africain et pop occidentale. Dans le passé Geoffrey Oryema avait réussi cet amalgame de belle manière, jusqu'à en gagner le surnom de Leonard Cohen africain. Tama incorpore en son sein un authentique grand guitariste, Sam Mills, dont les fabuleux accords rythmiques de sa guitare demi-caisse résonnaient dans les années quatre-vingt au sein du groupe rock-funk expérimental anglais 23 Skidoo, mais Tom Diakite, le leader de Tama, pousse le bouchon de l'intégration encore plus loin avec l'apport d'un... violoncelle. Et lorsque ce dernier apporte sa touche mélodique, à aucun moment (spécialement sur scène) cela ne choque, n'apparaissant jamais comme une pièce rapportée pour l'image, genre "ma sonate au pays des boubous". Rien de tout cela, mais au contraire un instrument totalement intégré, qui (sur scène encore) se permet des soli tout en aigus et des duos fiévreux avec le percussionniste Djanuno Dabo. Mêlant thèmes d'inspiration mandingue (superbe "Soninke") et morceaux au format plus pop, avec un morceau fétiche très entraînant ("Ta'aba"), Tama, dernière découverte du label Real World de Peter Gabriel est une belle bouffée de joie.