| | | par Chtif le 25/06/2006
| Morceaux qui Tuent Marker in the sand
| |
| S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas renier à Pearl Jam, c'est la fidélité sans faille que lui voue un parterre de fans transis de béatitude à chaque fois qu'Eddie Vedder se fait pousser la barbe pour faire le vilain. Sans que l'on comprenne vraiment pourquoi, il reste quelques centaines de milliers (quelques millions ?) d'individus de par le monde à réserver un accueil chaleureux à chaque nouvel album, toujours un peu moins transcendant que le précédent. Quelques simples changements de tempo énergiques, une poignée de ballades propices aux vocalises d'Eddie, et surtout pas d'innovation majeure suffisent amplement pour entretenir la flamme du fan (qui de toute façon n'osera jamais tenter la comparaison avec l'intouchable "Ten", fondateur du mythe en 1991).
Coup de chance, mais c'était prévisible, ce nouvel opus, éponyme (le huitième du groupe), remplit toutes les conditions énoncées ci-dessus. "Pearl Jam" est globalement identique à ses prédécesseurs, les ballades répondent présentes à l'appel, et quelques constructions originales plutôt bien bossées prouvent si besoin est que le groupe a encore l'honnêteté de passer quelque temps en studio plutôt que d'engranger la thune avec deux accords et trois coups de caisse. Et cerise sur la galette, Eddie s'est relaissé pousser la barbe, c'est dire si l'on tutoie le jackpot.
Les morceaux rock sont un poil plus enlevés qu'à l'accoutumée ("Severed hand", bien speedé). Stone Gossard emporte un son de guitare bien sale et ciselé pour le live, et le groupe s'est indubitablement fait plaisir pour enregistrer ces belles mécaniques... tellement bien huilées d'ailleurs qu'elles glissent entre les doigts comme une savonnette dans la baignoire. Les chansons défilent et se ressemblent, laissant toujours dans leur sillage un "mais" qui vient gâcher la fête : le single vitaminé "World wide suicide" séduit un instant mais s'oublie vite, "Unemployable" s'engage sur la pente sociale mais se coltine un riff lourdeau sur les épaules, et "Inside job" risque en final quelques changements d'accords pas évidents à la Who (les stars aussi ont leurs propres idoles, celle de Vedder s'appelle Townshend) mais n'est pas "Tommy" qui veut...
Finalement, ce sont les morceaux plus calmes qui viennent sauver l'affaire : "Parachutes" tendre comme une naïveté de Grant Lee Phillips, "Come back" et ses gouttelettes de cordes au milieu qui changent tout... Les déjà conquis vont le rester, et les autres, incrédules, ne feront pas trop attention. A part quelques jeunettes de-ci de-là, qui ne se feront pas prier pour venir se blottir dans le chant moelleux d'Eddie sur "Marker in the sand" (on s'est laissé prendre aussi, c'est vrai). |
|
|