Autant le dire
d'emblée, on croit se trouver devant le cas d'école spinal tap si
l'on s'en tient
au décorum. Pagan
Altar accumule, ou plutôt empile, à peu près tous les clichés du
genre :
nom idiot, pochette
en forme de pseudo messe noire (attention aux capuches), esthétique
médiévale... au
secours !
Et le début du
premier morceau laisse présager le pire (est-ce possible?) : Black
Sabbath
avec un son à la
Deep Purple (nous sommes en pleine nwobhm, qui cumule les clichés
comme tout le hard
rock en général). Le chant est plaintif, et on n'a pas osé lire
les paroles.
Les titres des
morceaux sont suffisamment éloquents pour donner des gages de non
sérieux.
Alors ?
En premier lieu, il
faut concéder au chant une véritable dimension incantatoire. Ça
fonctionne, et même
bien, sans tomber dans le braillement, le suraigu, le morbide,
devenus
courants dans le
style doom. Tant pis pour la pseudo mystique et tant mieux pour
l'auditeur.
En deuxième lieu,
au rayon des très bonnes surprises, Pagan Altar ne se contente pas
d'annoner. Les
morceaux enchaînent les breaks et ne font pas dans le sur place
habituel
des formations de ce
type. Pas de carcan couplet refrain couplet break refrain couplet
etc.
Ici, les morceaux
sont en constante évolution, et ce sans tomber dans le piège de la
pièce
montée chantilly.
Un gros riff, et on brode autour, mais bien, sans maniérisme.
En conclusion : bien
bel album si l'on se risque au-delà des clichés trop visibles. Et
album
très accessible aux
amateurs de gros son 70'.
Encore une fois,
pour la finesse de l'image et de l'esthétique, on repassera quand le
glas
aura sonné. A moins
qu'on ne considère qu il y ait du génie à faire tant d'efforts
pour se
conformer au
Stonehenge de spinal tap (et ils ont donné le meilleur d' eux
même...).