Respect live 1967

Otis Redding

par Francois Branchon le 28/09/2010

Note: 9.0    

Deux concerts d'Otis Redding au programme de la réédition de cette compilation conçue par Gravity en 1998, la tournée promotionnelle des labels Stax et Volt de 1967 (avec Booker T. & the MG's et Sam & Dave), et le concert du Festival pop de Monterey auquel Otis apportait sa fougue rhythm and blues.

Tournée Stax/Volt pour commencer, une tournée européenne pour promotionner le rhythm and blues us (passée par l'Olympia à Paris), filmée ici en avril à Oslo, par DA Pennebaker, image noir et blanc, rêche, sèche. Booker T. & the MG's et la section de cuivres des Mar-Keys (groupe Stax attitré d'Otis Redding en tournée) sont le groupe accompagnateur des chanteurs.

Otis ouvre la soirée avec un "Shake" impeccable. L'intermède qui suit est instrumental, en l'occurrence Booker T. et ses trois MG's (Steve Cropper, Donald Dunn et Al Jackson) seuls alignés en rang d'oignons (verts) devant le rideau de scène, avec une version au cordeau de "Green onions", pulsant comme jamais, et surtout intelligemment filmés, Pennebaker sachant faire un gros plan sur Steve Cropper lorsque le guitariste prend un solo (un savoir "musical" qui semble souvent ignoré des types filmant des concerts). Grand moment, ces quatre-là ont le groove dans le sang, et il est si rare de les voir filmés live, hors playback.
Sam & Dave chantent deux titres, “When something is wrong with my baby” et "Hold on i'm coming", avant le retour d'Otis, pour un final avec "Satisfaction" et "Try a little tenderness", un Otis aussi possédé qu'il pouvait l'être, chantant comme si sa vie en dépendait, une manière d'exister sur scène "à la Brel", aux antipodes d'un James Brown si soucieux des apparences... 

Des images hommages défilent sur la bande son de "Dock of the bay" (son hit posthume de novembre 1967) en guise de transition avec la prestation à Monterey, deux mois plus tard.

Monterey est filmé en couleurs, images plus chaudes, Otis, toujours accompagné de Booker T. et des Mar-Kays attaque d'entrée avec "Shake", ne se calme pas d'un iota avec "Respect", les deux groupes rockent/funkent une rythmique hypnotique, puissante et impeccable, Otis est dans un fauteuil. Séquence larmes avec "I've been loving you too long" mais l'ami Redding sait manier les breaks et roublard, emballer le public. "Satisfaction", groupe en feu, Otis en feu, public en feu, ça va presque trop vite, "Try a little tenderness", "l'autre" séquence larmes, finit comme d'hab en éruption incontrôlable...

Le seul reproche qu'on puisse faire à Otis Redding est d'avoir enregistré une centaine de chansons mais de n'avoir perpétuellement chanté que les six ou sept mêmes sur scène. Ces deux concerts n'y font pas exception, mais ils restituent excellemment - pour tous ceux qui ne l'auraient jamais vu sur des planches - l'implication, la passion, la dévotion qu'il mettait à son art.