Global vibration

Martin Saint-Pierre

par Hugo Catherine le 02/12/2006

Note: 9.0    

Témoignage collectif d'une expérience en milieu psychiatrique, il faudrait s'étendre longuement sur la démarche géniale et généreuse de Martin Saint-Pierre. A minima, force est de constater que "Global vibration" nous parle. D'entrée, "Part 1", avec ses procédés de superposition vocale, fait la part belle à la montée puissante puis au decrescendo des chœurs. Le croisement des langues crée une profusion de signes et de sens, comme si l'heure du grand jugement dernier musical était à nos trousses. La musique de Martin Saint-Pierre nous invite à une procession initiatique. Nous pourrions parler de world-transe transculturelle. Son hymne au rassemblement rend hommage à la communauté humaine sonore, dans toutes ses nuances gutturales. Si "Global vibration" nous parle, sa langue, empruntant à chacun, en devient familière, mais inconnue de tous.

A la manière d'un vacarme maîtrisé, les percussions sont souvent tribales et cadencées. Elles sont jouissives par la discrétion de leur swing. "Dans le grand silence, un feu d'artifice sonore apparaît, nous donnant le plaisir d'être ensemble au grand banquet des hommes-dieux". La rythmique emplit ce silence si immense, un peu comme une danse rituelle. La transe percussive de l'album relève d'une subtile association entre un toucher au plus près d'une forme de respect ancestral - frappes sèches sur les peaux - et des ajouts plus expérimentaux - souffles, ustensiles métalliques… "Global vibration" est une chevauchée sur les terres de la géographie intérieure de nos âmes, donc de nos battements de cœur. L'écho de "Global vibration" est sourd car il est intérieur.

Notre voyage au loin dans les confins de notre être infiniment proche s'achève avec "Part 3", soit un non-lieu sensible. Dans des bruits de grand vent ou de mega vague, "Global vibration" transporte, et nous perd. Les appels incessants des puissances naturelles ne sont peut-être ici que les allégories du cheminement tortueux des humeurs de nos âmes.