| | | par Chtif le 27/11/2005
| Morceaux qui Tuent When the wind blows
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| Ce n'est certes pas demain la veille que le rock hellénique entrera dans le dico ("Grèce. Attractions touristiques : Acropole, Mykonos, Nikos Aliagas, Nana Mouskouri, Demis Roussos. Homonyme : graisse", source : le Petit Larousse des clichés). Et pourtant certains autochtones s'escriment pour combler le vide. Ne serait-ce que le jeune label Run Devil Run dont la première signature, Los Tromos, inaugure le catalogue avec un effort tout entier dédié à la six-cordes.
La galette dégouline de gros riffs alternatifs comme on les aime et de solos concis qui jaillissent en flammèches au dessus du brasier. Les influences sont évidentes, Pixies sur "Feels like a dream", Brian Jonestown Massacre sur "Fever", mais, miracle, n'alourdissent pas l'écoute. Au contraire, la formation grecque insuffle une bonne dose de fraîcheur en saupoudrant ses arrangements d'ingrédients surf (les Centurians et autres Lively Ones ressuscités par Tarantino ont fait des émules), Au milieu de ces agréables mais très classiques chansons, la lancinante "Ordinary war" tranche par ses contrastes entre sombre dépouillement à la The Kills et saturation à carboniser une moussaka.
Le chant, en anglais, n'est pas leur point fort, mais Los Tromos, conscients de leurs moyens limités, le noient souvent dans la masse des effets pour laisser efficacement place aux jeu plus qu'honnête des musiciens. Une place de choix est réservée aux instrumentaux, quatre au total, qui, une fois n'est pas coutume, ne riment pas avec impros-marathon (une fois suffisant largement en Grèce) mais s'avèrent bien être les meilleurs titres du lot.. "When the wind blows", notamment, déclenche de petites bourrasques auxquelles il serait bien vain de résister. Le disque s'achève sur un "My ass" potache mais cuivré de sonorités mexicaines classieuses.
Los Tromos n'envahiront sans doute pas l'Europe, mais charment tout de même par leur condensé de jeunesse élevée au rock indie et aux films qui font gentiment "Boooo" dans le dos. |
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