Bienvenue dans un disque où tout est
deux fois plus beau. Sept années séparent le premier disque de la
mannequin de profession de ce "Double roses" sur lequel
tout a été fait pour noyer l'auditeur dans la soie – suavité des
harpes, cordes, instruments à vent.
Comparé à "The
ghost who walks" (2010), produit et arrangé par son ex Jack
White (faut-il le présenter ?), l'écriture de Karen Elson s'est
affirmée et ses compositions sont d'un classicisme inattaquable.
Elles sont remarquablement servies par des musiciens de choix (Father
John Misty, Patrick Carney des Black Keys, Laura Marling, des membres
de Wilco, Bright Eyes…) et une production à la rondeur pleine et
profonde signée Jonathan Wilson, rénovateur doué d'un son
néo-seventies. Karen Elson, au chant, soutient autant la comparaison
avec les grandes sœurs (Joni Mitchell) qu'avec ses contemporaines
(Laura Veirs, Hope Sandoval)
Tout est donc parfait ; mais
quelque chose du côté "fun" s'est envolé – fini la
défroque gothico-country, Karen revêt avec un naturel presque
vexant des habits hors de prix, follement bien coupés, que des
légions de chanteuses ne pourront jamais s'offrir. On la regarde
passer, admiratifs, sans être sûrs de récolter un regard en
retour.