| | | par Chtif le 07/07/2004
| Morceaux qui Tuent Martha
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| Les parisiens Jack the Ripper instaurent avec leur deuxième album un climat à la fois original et troublant. L'auditeur, titubant dans la salle enfumée d'un cabaret allemand, devient progressivement claustrophobe à l'écoute de "I'm coming", comme s'il plongeait au cur de ruelles étroites des bas-fonds berlinois, éclairées par les seules enseignes de quelques bars de mauvaise réputation. On devine la silhouette de Nick Cave derrière le rideau, et les cris étouffés des fêtards sonnent un appel à la débauche auquel il est dur de résister...
Jack The Ripper semble également vouloir entretenir le mystère : line-up non détaillé hormis les guests, pochette et paroles conçues comme le carnet intime d'un individu bien tourmenté, chant bien identifiable en anglais mais aussi en allemand ou français. Violon tzigane, trombone, accordéon, orgue, guitares concourent tous de manière discrète et efficace à l'élaboration d'ambiances lumineuses ou angoissantes selon l'humeur...
De cet album, on retiendra tout de même principalement les morceaux les plus contrastés, "Escape", "A portrait's gallery" et "Martha" en tête, car à force de vouloir laisser aux compositions le temps de distiller leur charme ambigu, l'intérêt s'émousse un peu, et la deuxième moitié de l'album surprend moins. Heureusement, "Party in downtown", aux guitares saturées et voix belliqueuses, vient à point nommé en fin d'album pour remuer le corps et l'esprit, sans dénaturer le style général. |
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