Phare ouest Ep

Grand Hotel

par Filipe Francisco Carreira le 03/02/2003

Note: 5.0    

Grand Hôtel : derrière ce nom passe-partout se cache Jacques Speyser, auteur compositeur strasbourgeois dont les débuts discographiques remontent à 1999. La formation qui l'accompagne fait la part belle aux guitares ; tantôt légères et cristallines, tantôt paresseuses et plaintives, elles dressent un pont imaginaire entre Manchester et la Californie, comme l'atteste le titre homonyme "Phare ouest", basé sur un jeu de mots à faire pâlir d'envie Laurent Ruquier. Les autres morceaux baignent dans une atmosphère cotonneuse où les notes s'égrènent comme autant de bras qui s'enroulent autour de l'auditeur, lui promettant amour, grâce et volupté (gloire et beauté). A moins de se sentir étouffé par tant de douceur ou de joliesse, on peut goûter les paroles, surprenant répertoire d'images enfantines et féroces - "Tu perds tes dents quand tu ris / Comme des cheveux dans ta soupe de bigoudis" déclamées avec le plus grand sérieux dans "La panoplie" - ou empruntées au quotidien comme le bol de céréales de "L'apnée", description détaillée du petit déjeuner un lendemain de rupture. La première partie du disque s'achève dans un laisser aller captivant en dépit de sa durée, où l'électricité fait place à l'acoustique dans une rumeur qui s'éloigne jusqu'à n'être plus qu'un murmure. La seconde partie du disque propose pour le meilleur mais aussi pour le pire cinq remixes de l'incontournable "Phare ouest" ; si la version du Helmut Grandjean Orchestra s'avère parfaitement calibrée, drôle et définitivement supérieure à l'original, si celle de Whitehair retient l'attention, le remix de KG, lourd et inachevé, lasse. Et si les deux derniers paraissent aussi inutiles, c'est aussi parce que personne n'a envie d'entendre la même chanson cent-cinquante fois. Pourquoi faire du remplissage ? Ce disque par ailleurs non dénué de qualités n'en avait pas besoin.