| | | par Fer Fre le 28/10/2002
| Morceaux qui Tuent Skatalunya Zapata Ninos perdidos Lo paissel Légitime défense
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| C'est l'histoire d'un type qui reçoit un Cd d'un groupe au nom bizarre, qui le glisse dans son lecteur, qui écoute un bout de la première chanson, qui le sort aussi net avant de se repaître de ses antiquités, Will Haven ou Chokebore en tête. Puis, le même mec reçoit un double live signé des Skalopards Anonymes ou, entres autres formations, il retrouve ce fameux groupe. Il l'écoute d'une autre oreille. Alors, le type ressort Le kri des cigales. Et le type, qui ne donne plus trop dans la fusion ska-rock depuis que cette voie tranquille s'est transformée en une autoroute empruntée par des véhicules similairement identiques, l'écoute une première fois. Puis une seconde. Une troisième. Et encore. Le gars en question ne comprend pas comment en usant de tant de clichés de la scène (alternance ska et rock, langues occitanes, française, anglaise et espagnole, trompettes et guitares, gravité et légèreté, humour et dénonciation), en enfonçant un si grand nombre de portes laissées ouvertes par les générations antérieures de skarockeurs, Goulamas'K arrive à le séduire. Magie de la musique ? Pas que ça. Cela tient en fait en plusieurs points. Le groupe émerge tout d'abord du lot par son talent à pondre des ritournelles facilement mémorisables. Chantonner du Goulamas'k, ça paraît impossible à le croire en l'écrivant et pourtant c'est bien l'effet produit suite à plusieurs écoutes répétées de ces chants de cigales. Ce qui accroche aussi chez eux, servant les fameuses mélodies, c'est la simplicité d'exécution de l'accompagnement musical. Une idée, un morceau. Pas ou prou de breaks inattendus, aucune sortie du territoire balisé, une efficacité maximalisée pour une adhérence même les jours de pluies ou d'averses grindcore. Enfin, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, le groupe offre une honnête fusion à 65% ska et 35% rock, je le sais, j'ai pesé. Le ska est léger, sautillant, le rock sûrement entravé par le manque de moyens, mais cette déficience se révèle un atout conceptualisant au maximum l'uvre, sinon le passage d'un registre à l'autre (on parle de fusion, on devrait plutôt causer enfilade) se ferait avec encore plus de décalage, poussant certes la chanson mais brisant son unité. Bref, avec son disque ramassé, cette bande de 8 musiciens, voisins des Marcel, Kargol's ou La Ruda, a enregistré un disque qui convainc un type qui avait fait une croix sur ce genre de son. C'est l'histoire d'un type qui s'est remis à écouter du ska-rock... |
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