| | | par Nicolas Wienders le 29/03/2001
| Morceaux qui Tuent Je serais là quand tu veux Citoyen du monde 4 jours
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| Enfilez vos bleus de chauffe, on file au garage. Du cambouis au détour de l'établi et le sol jonché de ferrailles... Le disque commence par quelques grognements et puis Fred Alpi s'élance, clef à molette en main. Ça passe ou ça casse, tiens amène la barre à mine !
Autant le dire tout de suite la musique de Fred Alpi est baignée de la même douce légèreté qui se dégage à l'écoute des Cramps, résilles en moins. Les paroles touchent aussi un tout autre registre. On sent un réel effort dans l'écriture, qui se voudrait réaliste, voire romantique ? et puis c'est en français. Parfois ça marche, "il l'a entendu à la radio, il l'a lu dans les journaux, alors il parle, il sait", et puis d'autres fois on reste comme sur une impression de lourdeur, même si c'est ce qui sied à la besogne mécanique, ou de maladresse: "quand je regarde la mer où nagent les dauphins", "on peut fusiller un chanteur, personne ne peut tuer des chansons"... et j'arrête là volontairement, condescendant. Non Fred Alpi n'est pas le Jacques Brel Français qui serait tombé dans le punk rock, contrairement à ce que l'on peut lire sur le site officiel.
N'empêche, n'empêche, ce premier disque s'écoute avec (grand) plaisir. Une réelle énergie s'en dégage, originale, en France du moins. Disto et réverb à foison, la voix n'est pas vilaine. Vingt ans après Little Bob, Fred Alpi (qui est suédois !) démontre que le français s'accorde décidémment bien au rock. Un disque qui me fait beaucoup penser aux "Démons de Jésus", le film de Bernie Bonvoisin. Plutôt bon signe. Pour l'anecdote, le disque est produit par Alexander Hacke le gratteux de Einstürzende Neubauten ! Et il y a un douzième titre caché à la fin du disque. Cela devient bien classique. |
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