Looking forward

Crosby, Stills, Nash & Young

par Francois Branchon le 18/11/1999

Note: 6.0    
Morceaux qui Tuent
Slowpoke (Neil Young)


On est bien loin des harmonies légères et des voix en suspension du trio devenu quatuor des années soixante-dix, quand David Crosby éclaboussait de sa classe gracile (réécouter les Byrds ou "Triad" chanté avec le Jefferson Airplane) ou quand Steve Stills pratiquait l'onanisme sur six cordes ("Go back home" avec Clapton sur son premier album solo). Mais CSN&Y a-t-il jamais été un vrai groupe ou une accueillante auberge espagnole, bien pratique lors des fins de mois difficiles (en 1971 à la fin des Byrds et de Buffalo Springfield, en 1978 ou en 1988).

Crosby et Stills accusent aujourd'hui le poids de galères diverses, celui des ans et le poids tout court (Crosby frôle la tonne !). Les deux autres sont comme ils ont toujours été et seront toujours : transparent pour Graham Nash, immense et attachant pour Neil Young. Ici et aujourd'hui, chacun est venu comme d'habitude avec ses petites chansons dans la poche et monte à tour de rôle sur l'estrade en invitant les copains à faire les chœurs. Stephen Stills avec "Faith in me" (cousine de son "Love the one you're with") ou "Seen enough" (relecture annoncée de "Subterrenean homesick blues" de Dylan) fait preuve d'un peu de nerf au départ puis se boursoufle inexorablement, terriblement daté. Crosby, même s'il tente une ouverture salsa ("Dream for him") finit embourbé, Nash est toujours aussi naïf et mièvre ("Someday soon"), et seul Neil Young tire son épingle du jeu, malgré quatre titres moyens dont un "Slowpoke" incontournable.