Sounds from an old country (31 indie pop songs)

Compilation

par Jérôme Florio le 30/01/2003

Note: 5.0    

Abondance de biens (31 titres) sur cette compilation d'un petit label basé à Chauvigny (86). Le spectre musical s'étend du rock le plus classique au folk, en passant par des plages instrumentales que l'on désigne par commodité post-rock. Peu de musique purement électronique ici, même si beaucoup d'artistes utilisent des rythmiques programmées. Faisons notre marché dans l'épicerie de quartier Another Record. On a un peu de mal à lire les étiquettes, les notes du livret sont écrites en anglais. Dommage pour ceux qui ne peuvent pas fonctionner sans double affichage. Arrêtons-nous d'abord au rayon rock et pop-rock : c'est le plus fourni, où le choix est le plus varié. Beaucoup de titres ont un emballage approximatif, un peu cheap (Peacemakers) : ça ne serait pas si grave si les textes n'étaient trop souvent empruntés, et l'accent anglais laisse quelquefois à désirer - charmant ou agaçant, c'est selon. La date de péremption est atteinte pour Naked ou Noria Lamens, qui déballent un rock sans surprise. D'autres jouent une pop plus ligne claire, correcte mais pas étourdissante (Sludge, Sub Rosa), ou de l'électro-pop maladroite et sympathique (Portugaal). Un défaut de fabrication parfois, chez All The Living and The Dead (ligne de basse à la Siouxsie, chant crispant), Lunt (une slide-guitar qui part en vrille). Laissons faire la sélection naturelle : ça tombe bien qu'un groupe s'appelle Darwin, qui annexe l'esprit et la lettre des Go-Betweens, sûrement marqué à vie, comme le chroniqueur, par la pop euphorisante et acoustique de "Streets of your town". Keep Punching Joe accouche d'une chanson pop-rock honnête, avec nappes de synthés spatiaux (voir plus bas). Une qui punche aussi et qui voit tout rouge, c'est Gina Artworth, elle s'énerve et fait muMuse avec son chant aigu et trembloté. Enfin, malgré des réserves sur le texte affecté, Pugilat a un grain de voix assez intéressant. Poussons le caddie vers le recoin le plus mal éclairé du magasin, où se terrent les bidouilleurs de musique instrumentale. Là ça ne rigole pas du tout, l'ambiance générale est plutôt sombre et déprimante (Tino). Les participants manquent un peu de nerfs, et n'apportent rien de vraiment excitant à l'écoute, soit un peu courts (Melatonine), ou vite lassants (Crabe, u-fi, Baka). Ici aussi quand il y a du texte, c'est assez tristounet ([u]bris, O8). Belooga (Christine Lesieur), pose sa voix synthétique sur un morceau électro assez soigné et vaporeux. Il y a quand même un rigolo, Sweet Ohm, entre Kraftwerk et Eurythmics, mais pris en défaut sur le chant, faux et mélodiquement inintéressant. Poussé vers la sortie par Tempus Fugit et ce son lourd comme du metal joué au ralenti, on a juste le temps de mettre One For Jude dans le chariot, pour leur capacité à tisser une ambiance malsaine avec deux voix, deux guitares et des nappes de synthé époque San Ku Kaï. Rayon folk sous Tranxène, The Wedding Soundtrack s'en sort assez bien dans le registre Thom Yorke anesthésié. Tout au fond de la boutique, Tomek se tape la tête contre les murs et tartine de couches de guitare sursaturée sa biscotte folk. Il est possible que les limitations matérielles et économiques empêchent certains de sortir d'une écriture un peu corsetée... Lâchez-vous, les jeunes ! Pillez le magasin ! http://www.another-record.fr.st