Stranger

C. Bailey & H. Burns

par Jérôme Florio le 19/10/2011

Note: 7.0    

De quoi faire mentir les Who de "My generation" : "Stranger" est la rencontre de deux générations de musiciens, l'aîné Chris Bailey à la trajectoire mouvementée (co-fondateur et chanteur des Saints, groupe punk australien, dès 1976), et le cadet français H. Burns, colporteur en nos terres de la bonne parole folk-rock Us - un peu comme un Hugues Aufray indé.

Aufray, Bob Dylan : le disque s'ouvre sur "Visions of Madonna" – à un jet de pierre de celles de Johanna qu'il chantait en 1966. Comme si on peignait un tableau et qu'on l'appelait "Le déjeuner sur l'herbe" : "Stranger" ne prétend rien inventer. Bailey & Burns se sont rencontrés en 2007, à l'occasion d'un duo sur le premier disque du Drômois, et c'est maintenant sur un disque complet qu'ils prolongent leur collaboration. "Stranger" est exempt de toute la lourdeur programmée des collaborations, et arrive nimbé d'une aura de fraîcheur et de spontanéité non feinte. Seule une paire de titres semblent davantage marqués par les inclinaisons folk de H. Burns (le réussi "Winter" puis son "So long dying cities" plus solitaire).
"Stranger", c'est le plaisir de retrouvailles autour des quelques accords de base du rock'n roll, et de découvrir qu'ils sonnent encore juste. On imagine l'état d'esprit d'enregistrement, du genre "bon les gars, le couplet est en D, le pont en G, let's go !". Alors peu importe que "Muse" décalque "Sweet Jane" du Velvet Underground, que l'on pense à Townes Van Zandt pour la manière de poser la voix sur "New sidewalks", ou bien Pavement ("Permanent state (of walking on fire)"). Et Neil Young & Crazy Horse pour la manière d'emballer le tout sans chichis (pains compris sur "Visions of Madonna"). L'aplomb des guitares, la voix délicieusement fêlée de Chris Bailey contrebalancent le défaut d'originalité des compositions.



C. BAILEY & H. BURNS Bed of brambles (audio seul)